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ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

révolutionnaire Barnave se tenant respectueusement debout derrière le Roi, et le servant comme un valet de chambre ! Et ce sentiment catholique et royaliste, presque général à cette époque, se confirme, de façon certaine, par les chiffres mêmes des élections. Dès 1790, les ennemis de la Religion et de la Monarchie ne sont plus élus partout que par le dixième, puis par le quinzième, puis par le vingtième des électeurs. Taine constate, à Paris, aux assemblées primaires de 1791, un an déjà avant le 10 août, plus de soixante-quatorze mille abstenants sur quatre-vingt-un mille deux cents inscrits[1] ! N’est-il pas rigoureusement vrai, en conséquence, que la Révolution, considérée comme mouvement national, ne peut-pas s’expliquer ? On comprend une nation comme l’Amérique,

  1. « À Chartres, en mai 1790, sur 1551 citoyens actifs, il y en a 1447 qui ne viennent pas aux assemblées primaires. Pour la nomination du maire et des officiers municipaux, à Besançon, sur 3200 électeurs inscrits, on compte 2141 absents en janvier 1790, et 2900 au mois de novembre suivant. À Grenoble, au mois d’août et de novembre de la même année, sur 2500 inscrits, on compte plus de 2000 absents. À Limoges, sur un nombre à peu près égal d’inscrits, il ne se trouve que 150 votants… », etc. (Taine, la Conquête jacobine, t. I, chap. ii.)