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Page:Tailhade - À travers les grouins, 1899.djvu/128

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A TRAVERS LES GROUINS

plus 3 francs 75 que la Bonne Souffrance valut, jusqu’à présent, à son éditeur. Les uns couverts de peau de bête, comme Jean le Baptiste, d’aucuns portant limousine tricolore, vociféraient en chœur, sans nul souci du ton ou de la mesure, un Noël plein d’ingénuité. Et c’était Joris-Karl Huysmans, remarquable par ses cathédrales en bouchon, et le jeune Thiébaut luisant de gras-fondu ; Paul Bourget, habile à couper les chats en quatre et Brunetière éleveur de sangsues doctrinaires ; Sorel qui n’a rien de commun avec Agnès du même nom que son béguin pour la maison de France, et Thureau-Dangin, sans rival pour les cataplasmes historiques et le style invertébré ; Lavedan, cavalcadour ès bidets ; Jean Lorsain, pasteur d’étalons, peu goûté dans les vélodromes (à cause qu’il n’encourage que les cyclistes à long développement). Barrès, vierge comme Abélard, offrait quelques ureus dans le cabas qui servait, jadis, à madame sa mère pour accomplir son marché, cependant qu’un régiment de vieilles ducailles : les Broglie, les Audiffret Pasquier et autres seigneurs sans orthographe décoraient, à la façon de magots, les coins sombres du local.

Soudain, une musique retentit, lointaine, d’abord, puis