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Page:Tailhade - À travers les grouins, 1899.djvu/119

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laires, tout comme un pot de basilic. Sans effort préalable, je devins bête à manger du foin. Le basilic est mort, le foin est desséché, la fleur de ma jeunesse est caduque ; mais la bêtise qu’on me voit permane dans l’éternité.

— Vive l’armée ! exclama Déroulède.

— À bas les juifs ! hurla Gaston Méry, que Possien, ignoblement ivre, chavirait dans les bras de Pollonnois, par le seul faguenas de sa malebouche pestilente.

— La chère est délectable, notifiait le marquis de Vascagat, redressant d’une main fébrile son toupet légendaire ; ce poisson, notamment, vous savez bien, mon cher Régis, le machin au bleu était si culinaire que je me suis cru, le mangeant, à ma table de famille.

Ah ! ce ne sont pas les dreyfusards, les vidangeurs syndicataires ni l’anarchiste Pressensé qui offrent à leurs amis de tels régals !

— Voilà qui est parlé, mon benoît collègue, approuva, ruisselant de graisse, le Jésuite Drumont. Sur sa barbe, le vin de cinname coulait pêle-mêle avec l’huile de roses, noyant sous un flot de parfums les insectes coutumiers.

— Entre nous, cependant, la chose manque de gaîté. Le maître du logis aurait dû préparer quelque assassi-