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Page:Tagore - L’Offrande lyrique.djvu/35

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mots deviennent vrais, en ne formant plus qu’un avec l’idée.

« Quoique le monde occidental ait reconnu pour maître celui qui hardiment proclama son unité avec le Père, celui qui exhorta ses fidèles à être parfaits comme leur divin Père est parfait, le monde occidental ne s’est jamais précisément réconcilié avec l’idée de notre unité avec l’être infini. Il condamne à la manière d’un blasphème toute prétention de l’homme au devenir divin. Et cette condamnation n’était certainement pas l’idée que prêchait le Christ, non plus, peut-être, que l’idée des mystiques chrétiens ; mais elle semble bien être devenue populaire dans le christianisme occidental. »

Au contraire l’idée de ce devenir Dieu est si forte chez les Hindous que nous voyons le Rishi, auteur de l’hymne admirable du Rig-Veda dont je vous lisais une strophe au début de ma conférence, signer Prajapati, prenant ainsi le nom même du dieu nouveau qu’il invoque, de Prajapati « le seigneur des créatures. »

« Lorsque la perception de cette perfection de l’unité, dit Rabindranath Tagore en un autre endroit du Sadhana, n’est pas purement intellec-