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esprit errait à l’aventure et je ne le sus pas. Ma corbeille était vide et la fleur resta délaissée.

Mais parfois et encore une tristesse s’abattait sur moi ; je m’éveillais en sursaut de mon songe et sentais la suave trace d’une étrange fragrance dans le vent du sud.

Cette vague douceur faisait mon cœur malade de désir ; il me semblait reconnaître l’ardente haleine de l’été s’efforçant vers sa perfection.

Je ne savais pas alors que c’était si près, que c’était mien, et que cette suavité parfaite s’était épanouie au profond de mon propre cœur.



Lors même que je serais plus qualifié pour le faire, je ne tenterais pas d’exposer, si sommairement que ce soit, la philosophie de Tagore ; d’autant moins que Tagore se défend d’apporter quelque changement, quelque innovation que ce soit à la philosophie contenue dans les Upanishads et que, donc, rien n’est moins neuf. Aussi bien n’est-ce pas cette philosophie que j’admire ici, mais bien l’émotion qui l’anime et l’art exquis par quoi Tagore va l’exprimer.

Tagore sait que Dieu a besoin de lui. Il se