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Page:Tagore - L’Offrande lyrique.djvu/25

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La misère frappe à ta porte ; son message est que ton maître est de veille et qu’il t’appelle au rendez-vous d’amour à travers l’obscurité de la nuit.

Le ciel est encombré de nuages et la pluie ne cesse pas. Je ne sais ce que c’est qui se soulève en moi ; je ne sais ce que cela veut dire.

La lueur soudaine d’un éclair ramène sur ma vue une ténèbre plus profonde, et mon cœur cherche à tâtons le sentier vers où la musique de la nuit m’appelle.

Lumière, ah ! où est la lumière ? Qu’elle s’anime au feu rutilant du désir ! Il tonne et le vent bondit en hurlant à travers l’espace. La nuit est noire comme l’ardoise. Ne laisse pas les heures s’écouler dans l’ombre. Anime avec ta vie la lampe de l’amour.




Lumière ! ma lumière ! lumière emplissant le monde, lumière baiser des yeux, douceur du cœur, lumière !

Ah ! la lumière danse au centre de ma vie ! Bien-aimé, mon amour retentit sous la frappe de la lumière. Les cieux s’ouvrent ; le vent bondit ; un rire a parcouru la terre.

Sur l’océan de la lumière, mon bien-aimé, le papillon ouvre son aile. La crête des vagues de lumière brille de lys et de jasmins.