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elle le monde aura perdu sa seule joie ! »

Cependant, dans le profond silence de la nuit, les étoiles sourient et murmurent entre elles : « Vaine est cette recherche ! Une perfection ininterrompue est partout ! »


Le polythéisme subit de ce poème, unique dans le Gitanjali, déconcerte au premier abord — polythéisme apparent, non réel — il ne surprendra pas sans doute ceux qui se souviennent de l’admirable strophe du Rig-Veda, le livre le plus ancien de l’Inde ancienne, écrit dans une langue qui n’était pas encore le sanscrit.

« Qui connaît ces choses ? Qui peut parler d’elles ? D’où viennent les êtres ? Quelle est cette création ? Les dieux aussi ont été enfantés par Lui. Mais Lui, qui sait comment il existe ? »

Voici le second apologue :


J’étais allé, mendiant de porte en porte, sur le chemin du village lorsque ton chariot d’or apparut au loin, pareil à un rêve splendide et j’admirais quel était ce Roi de tous les rois !

Mes espoirs s’exaltèrent et je pensais : c’en est fini des mauvais jours, et déjà je me tenais prêt