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Je serre ses mains ; je la presse contre ma poitrine.

J’essaie d’emplir mes bras de sa beauté, de piller avec mes baisers son sourire, de boire avec mes yeux ses regards.

Hélas ! mais où est tout cela ? Qui peut forcer l’azur du ciel ?

J’essaie d’étreindre la beauté ; elle m’élude, ne laissant que le corps entre mes mains.

Confus et lassé, je retombe.

Comment pourrait le corps toucher la fleur que seule l’âme peut toucher ?


D’autres poèmes de ce livre, en plus grand nombre, sont d’une veine très différente. Ce sont des pièces sensiblement plus longues, qui, au lieu d’exprimer directement l’émotion, l’écartent de nous et la juchent sur une sorte de tréteau, de scène, où elle est jouée, interprétée au cours d’une affabulation légère — et même parfois dialoguée. Quelques-unes des poésies, sans doute les moins réussies, du Gitanjali, dérivent encore de cette source — que, pour ma part, je l’avoue, il m’arrive de ne pas goûter beaucoup. Ce monnayage de la sagesse ou de l’émotion en menus apologues, n’est pas toujours heureux. Certains de ceux-ci