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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/160

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JALOUX DU PRINTEMPS


 
Des saisons la plus désirée
Et la plus rapide, ô printemps,
Qu’elle m’est longue, ta durée !
Tu possèdes mon adorée,
        Et je l’attends !

Ton azur ne me sourit guère,
C’est en hiver que je la vois ;
Et cette douceur éphémère,
Je ne l’ai dans l’année entière
        Rien qu’une fois.

Mon bonheur n’est qu’une étincelle
Volée au bal dans un coup d’œil :
L’hiver passe, et je vis sans elle ;
C’est pourquoi, fête universelle,
        Tu m’es un deuil.