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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/155

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LA REINE DU BAL


 
Oui, je sais qu’elle est la plus belle,
La reine du bal, je le sais ;
Mais je suis un vaincu rebelle,
Je ne la servirai jamais.

Que pour la contempler en face,
Patient, j’attende mon tour,
Et qu’humblement je prenne place
Au long défilé de sa cour !

Qu’après mille autres je murmure
Mon hommage à sa royauté,
Quelque fadeur, inepte injure
Du désir lâche à la beauté !

Que pour ramasser une rose
Tombée à terre de son front,
Je me précipite, et m’expose
A ne pas être le plus prompt ;