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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/135

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Du même tournoîment que toujours accompagne
                  Le même bruit.


Le jeune homme sent sa jeunesse,
Et la vierge dit : " Si j’aimais ? "
Et leurs lèvres se font sans cesse
La douce et fuyante promesse
D’un baiser qui ne vient jamais.


Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoîment que toujours accompagne
                  Le même bruit.


L’orchestre est las, les valses meurent,
Les flambeaux pâles ont décru,
Les miroirs se troublent et pleurent.
Les ténèbres seules demeurent,
Tous les couples ont disparu.


Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoîment que toujours accompagne
                  Le même bruit.