Ouvrir le menu principal

Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/134

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LA VALSE


Dans un flot de gaze et de soie,

Couples pâles, silencieux,
Ils tournent, et le parquet ploie,
Et vers le lustre qui flamboie
S’égarent demi-clos leurs yeux.


Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoîment que toujours accompagne
                  Le même bruit.


La valse molle cache en elle
Un languissant aveu d’amour.
L’âme y glisse en levant son aile :
C’est comme une fuite éternelle,
C’est comme un éternel retour.


Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,