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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/108

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Ils ne promettaient pas un royaume infini,
Mais un abri solide au vieux nom de famille ;
Celui que Métellus a bâti pour sa fille
Servit de forteresse à des Caétani.

Et maintenant, maigre les injures sans nombre,
Les coups du nouveau peuple et de son nouveau dieu,
La ruine est encore assez haute en ce lieu
Pour couvrir une armée en marche de son ombre ;

Et le long du chemin, rangés sur les deux bords,
Gisent des bustes blancs aux prunelles funèbres
Où le sable et la pioche ont mis plus de ténèbres
Que la corruption dans les yeux des vrais morts.

Dans les champs d’alentour qu’agrandit leur détresse
Errent le pâtre antique et l’antique troupeau,
Et parfois, sur le ciel, au-dessus d’un tombeau,
A la louve pareil, un grand chien noir se dresse.


Rome, janvier 1867.