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le chœur.



Penseurs, seuls vrais aristocrates,
Seuls vrais rois, seuls vrais empereurs,
Dont les fautes sont des erreurs,
Jamais des œuvres scélérates,

Vous dont sans cesse, pour monter,
Le trône éternel se déplace,
Bienfaiteurs de la populace,
Qui l’élevez pour la dompter,

Seuls vrais conquérants, vos provinces
Sont de sublimes régions,
Vos invincibles légions
Des rêves qui défont les princes ;

Et sans vous, sans luth ni levier,
Sans Archimède et sans Homère,
Les princes ont beau guerroyer,
Leur tombeau même est éphémère !