Ouvrir le menu principal

Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/49

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Pensée perdue


 
Elle est si douce la pensée
Qu’il faut, pour en sentir l’attrait,
D’une vision commencée
S’éveiller tout à coup distrait.

Le cœur dépouillé la réclame ;
Il ne la fait point revenir,
Et cependant elle est dans l’âme,
Et l’on mourrait pour la finir.

A quoi pensais-je tout à l’heure ?
A quel beau songe évanoui
Dois-je les larmes que je pleure ?
Il m’a laissé tout ébloui.