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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/45

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Qui des deux force la barrière ?
Me rejoint-il, ou vais-je à lui ?
Je ne peux pas vivre en arrière,
Il ne peut revivre aujourd’hui !


II


Ô souvenir, l’âme renonce,
Effrayée, à te concevoir ;
Mais, jusqu’où ton regard s’enfonce,
Au chaos des ans j’irai voir ;

Parmi les gisantes ruines,
Les bibles au feuillet noirci,
Je m’instruirai des origines,
Des pas que j’ai faits jusqu’ici.

Devant moi la vie inquiète
Marche en levant sa lampe d’or,
Et j’avance en tournant la tête
Le long d’un sombre corridor.