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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/43

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La Mémoire


I


 
Ô Mémoire, qui joins à l’heure
La chaîne des temps révolus,
Je t’admire, étrange demeure
Des formes qui n’existent plus !

En vain tombèrent les grands hommes
Aux fronts pensifs ou belliqueux :
Ils se lèvent quand tu les nommes,
Et nous conversons avec eux ;

Et si tu permets ce colloque
Avec les plus altiers esprits,
Tu permets aussi qu’on évoque
Les cœurs humbles qu’on a chéris.