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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/39

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Les Berceaux


 
Après le départ des oiseaux,
Les nids abandonnés pourrissent.
Que sont devenus nos berceaux ?
De leur bois les vers se nourrissent.

Le mien traîne au fond des greniers,
L’oubli morne et lent le dévore ;
Je l’embrasserais volontiers,
Car mon enfance y rit encore.

C’est là que j’avais nuit et jour,
Pour ciel de lit, des yeux de mère
Où mon âme épelait l’amour
Et ma prunelle la lumière.