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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/315

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LA LUTTE


 
Ne sauras-tu jamais, misérable poète,
Vaincre la lâcheté du rêve et des amours,
Au vent du sort contraire accoutumer ta tête,
Comme tous les vivants lutter dans la tempête,
Ou te croiser les bras sans crier au secours ?

A droite, à gauche, vois ! sur la mer où nous sommes
Chacun risque sa voile et jette son appui ;
Nul ne sait d’où tu viens ni comment tu te nommes,
Frère ! ne cherche pas dans l’océan des hommes,
Comme un nageur tremblant, les épaules d’autrui ;