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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/267

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             On entendrait des mouches bourdonner.
Pitié ! du fouet d’acier les coups, cuisante grêle,
Font jaillir la douleur. Hurlant de tout son corps,
Le lion rampe, il vient manger dans la main frêle
Qui de sa haute échine a courbé les ressorts.
La foule crie. Elle aime, entre toutes les fêtes,
A craindre en sûreté. Rugis donc, ô lion,
Et bondis, car elle aime à voir sauter les bêtes
Afin que l’homme seul ne soit pas histrion.


III


O terre ! il faut que l’homme usurpe ton écorce,
Mais tu pleures tes fils plus robustes, plus francs ;
Tu préfères, en eux, ta simple et droite force
A l’ascendant rusé qui nous fait leurs tyrans.
« Il est beau, nous dis-tu, que pour vous mon zéphire
Dans les toiles surpris se condamne au travail ;
Que sur un double fer une brute en délire
Chasse mes horizons à grands coups de poitrail.