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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/228

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Là, loin des cupidités viles
Qui divisent les cœurs étroits,
J’aime à fonder d’immenses villes
Où sur des tables immobiles
Les devoirs ont borné les droits.

Ainsi, rêvant des lois meilleures,
Compagnon des plus grands mortels,
Dans mon âme aux vastes demeures
Je m’abîme, oubliant les heures,
Le vrai monde et les maux réels…

Mais l’aube ordonne que j’en sorte…
O ciel ! j’ai laissé fuir au vent,
Dans le délire qui m’emporte,
Le mot qui fait tourner la porte,
Et me voilà muré vivant !