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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/170

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CHANSON DE MER


 
Ton sourire infini m’est cher
Comme le divin pli des ondes,
Et je te crains quand tu me grondes,
           Comme la mer.

L’azur de tes grands yeux m’est cher :
C’est un lointain que je regarde
Sans cesse et sans y prendre garde,
           Un ciel de mer.

Ton courage léger m’est cher :
C’est un souffle vif où ma vie
S’emplit d’aise et se fortifie,
           L’air de la mer.