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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/116

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La Puberté


 
Lorsque la terre entra dans sa vingtième année,
Le premier des printemps couronna son repos,
L’air céleste s’emplit d’odeurs de matinée,
Et la mer, s’étalant, laissa crouler ses flots.

Ce jour-là, dans ta grâce, Ève, tu nous es née.
Depuis lors, comme un peuple innombrable d’échos,
Les couples, répétant ton baiser d’hyménée,
Célèbrent le désir dans la pudeur éclos.

Le cœur ne choisit pas la première qu’il aime,
Et n’importe son nom, sa foi, sa vertu même,
Son baiser c’est le tien qui renaît éternel !

Nous te rêvons présente, éblouis que nous sommes,
Et la virginité de tous les jeunes hommes,
C’est toi qui dans tes bras la remportes au ciel !