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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/113

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Femmes



La Femme


Le premier homme est né, mais il est solitaire.
Il se sent l’âme triste en contemplant la terre :
« Pourquoi tant de trésors épars de tous côtés,
Si je ne peux, dit-il, étreindre ces beautés ?
Ni les arbres mouvants, ni les vapeurs qui courent,
Je ne puis rien saisir des objets qui m’entourent ;
Ils sont autres que moi, je ne les puis aimer,
Et j’en aimerais un que je ne sais nommer. »