Ouvrir le menu principal

Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/108

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Qui peut dire


 
Qui peut dire : Mes yeux ont oublié l’aurore ?
Qui peut dire : C’est fait de mon premier amour ?
Quel vieillard le dira si son cœur bat encore,
S’il entend, s’il respire et voit encor le jour ?

Est-ce qu’au fond des yeux ne reste pas l’empreinte
Des premiers traits chéris qui les ont fait pleurer ?
Est-ce qu’au fond du cœur n’ont pas dû demeurer
La marque et la chaleur de la première étreinte ?

Quand aux feux du soleil a succédé la nuit,
Toujours au même endroit du vaste et sombre voile
Une invisible main fixe la même étoile
Qui se lève sur nous silencieuse et luit…