Page:Sue - Les mystères de Paris, 10è série, 1843.djvu/369

Cette page a été validée par deux contributeurs.

vers laquelle il s’était acquitté, soit amour de soi, instinct de conservation, cet homme a recueilli sa dernière force et s’est jeté dans un nouveau crime, avec cette ardeur fiévreuse du coupable d’autrefois qui se précipitait dans un lieu saint, en criant : Asile !

Ce surcroît de punition « est injuste, car c’est presque toujours la nécessité qu’on lui en fait qui le conduit à un second crime. Oui, car il est démontré qu’au lieu de corriger, le système pénitentiaire actuel déprave. Le terrible châtiment qui frappe les récidivistes serait juste et logique si les prisons moralisaient, épuraient les détenus et si, à l’expiration de leur peine, une bonne conduite leur était, sinon facile, du moins généralement possible. »


QUINZIÈME ARTICLE.


Jean-Paul a écrit quelque part : « Herder et Schiller voulurent se faire chirurgiens dans leur jeunesse, mais le destin le leur défendit. Il existe, leur dit-il, des blessures plus profondes que celles du corps : guérissez-les ! Et tous les deux écrivirent. »

Nous savons que M. Sue, qui compte dans sa famille deux chirurgiens illustres, élèves de Devaux et de Verdier, pratiqua pendant quelque temps la science chirurgicale ; nous ne saurions trop le féliciter d’avoir, à l’exemple d’Herder et de Schiller, abandonné le scalpel pour la plume et de chercher à guérir plutôt les plaies morales que les plaies matérielles.

Depuis assez long-temps, les gens progressifs et démophiles se contentaient de psalmodier sur différents tons : Le peuple souffre ! le peuple souffre ! et la société (nous voulons dire les heureux du monde)