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D’un rigoureux destin s’apaise la furie.
Vous voici parvenus, ô Rodolphe, ô Marie,
Au faîte du bonheur, tout vient me l’assurer.
Clémence que mon vœu se fatiguait d’attendre,
La voici près de vous. De votre cœur si tendre
Que j’avais tort de murmurer !

Anges de Gerolstein, que rien ne vous sépare ;
Jouissez des faveurs que le sort vous prépare,
Soyez chéris des cieux et du monde applaudis :
Conservez la bonté pour fidèle compagne ;
Que toujours vos États de l’heureuse Allemagne
Soient l’orgueil et le paradis !

Laissez-moi savourer cette page divine
Où l’amour de Henri, de peur qu’on le devine,
Se cache sous les traits de la pure amitié.
Henri ! que de l’amour l’amitié te console :
Ici, que par le temps, qui trop vite s’envole,
Je voudrais te voir oublié !…

Mais de brusques signaux, ainsi qu’une tempête,
De vos cœurs fraternels interrompent la fête.
Quand le devoir commande il lui faut obéir.
Le devoir et l’amour peuvent-ils se connaître ?…
Amour si plein d’attraits, que d’ennuis tu fais naître !
Aimer, hélas ! c’est donc souffrir !