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Oui, malgré tes écarts, malgré la calomnie,
Sous ton habile effort le cœur se remanie ;
Tout s’épure et grandit sous ton pas généreux.
Autant qu’un souverain déjà l’on te renomme,
Et déjà notre bouche avec respect te nomme
Providence des malheureux !

Du débile orphelin, de la pâle détresse,
Des fils de l’abandon, de la faible vieillesse
Je demande avec toi qu’on écoute le cri.
L’honorable artisan, je veux qu’on le soulage,
Et qu’il ait, en pliant sous le fardeau de Page,
Du pain, du repos, un abri !

Je demande avec toi, pour l’indigent poète,
Un consolant sourire, une douce retraite :
Que la France pour lui montre plus de pudeur,
Qu’à cette heure d’opprobre, où, cruelle marâtre,
Elle voue à la faim Gilbert et Malfilâtre
Et la pauvre Élisa Mercœur !

C’est trop, répondra-t-on : avec toi je demande
Qu’en ces longues erreurs l’autorité s’amende,
Que ses pas vers le bien soient vraiment progressifs,
Qu’elle vienne au secours des âmes gémissantes,
Plutôt que de combler de faveurs incessantes
Tant d’intrigants et tant d’oisifs !