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Des mains d’un Chourineur lorsque ta main l’arrache,
Quoi ! ce vague contact dont l’instinct nous attache,
N’exerce pas sur toi le charme de l’aimant !
Quoi ! ta fille n’est point l’attrait qui te domine !
Dans ton œil scrutateur, dans ta fière poitrine,
Quoi ! pas un seul pressentiment !

Quand tu peux l’entraîner de cette rue aux Fèves
Au pré de Bouqueval, peuplé de jolis rêves,
Quoi ! son bon ange au tien ne la révèle pas !
Et lorsque tu lui dis : En ma promesse espère,
Quoi ! rien ne lui répond : Rodolphe, c’est ton père,
Cours te jeter entre ses bras !

Quand ce fatal amour, qu’à peine elle s’avoue,
D’un suave incarnat lui colore la joue,
Pourquoi donc au remords ne fait-il point de part ?…
Dieu, qui vois à tes pieds l’univers se soumettre,
Pourquoi, devant le mal que nous allons commettre,
N’élèves-tu pas un rempart ?

Sous un poids de regrets, de bonheur, de surprise
Il me semble, mon Dieu, que leur âme se brise.
Rodolphe, je t’en prie, étouffe ces transports :
Ton secret, il n’est pas l’heure de le répandre.
Mais, ces émotions, je renonce à les rendre,
Elles surpassent mes efforts !