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D’un pôle à l’autre pôle, Eugène, qu’on t’entende !
Tes leçons, en bonheur que le ciel te les rende !
Qu’elles soient le trésor de la postérité !
Mais à ta voix, semblable à la voix des oracles,
Il me semble déjà voir naître des miracles
Et de raison et d’équité.

Que murmure l’écho ?… du haut de la tribune,
Au mépris de ton nom, de l’estime commune,
Un prêtre de nos lois heurte ton piédestal.
Qu’importe leur suffrage ou leur acrimonie ?
Au séjour des bienfaits, aux sphères du génie.
Poursuis ton essor triomphal !

Tu le sais, ce qui sort de la ligne vulgaire
Se pose avec la foule en éternelle guerre.
Atome on t’eût souffert, colosse tu déplais.
Si la foudre s’abat, si l’autan se déchaîne,
N’est-ce pas sur les monts, à la cime du chêne,
Au faîte orgueilleux des palais ?

Puisses-tu soulever leur épaisse paupière,
Épancher ton soleil sur leur âme de pierre,
Y planter les jalons de ton vaste dessein !
Puisses-tu des méchants exterminer la race,
Déjouer leurs projets, nous servir de cuirasse
Contre les traits de l’assassin !