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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/98

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— Le baril ? s’écria-t-il. Où est le baril qui est arrivé ce matin ?

Il regardait autour de lui, dans le vestibule, et ses yeux lui sortirent de la tête, littéralement, lorsqu’il aperçut les jambes de l’Hercule.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? hurla-t-il. Qu’est-que c’est que ce mannequin de cire ? Qu’est-ce que c’est ? Et où est le baril ? Le tonneau à eau ?

— Aucun baril n’est venu, Maurice ! répondit froidement Julia. Voici le seul colis qu’on ait apporté !

— Ça ? s’écria le malheureux. Je n’ai jamais entendu parler de ça !

— C’est cependant arrivé avec une adresse écrite de votre main ! répondit Julia. Nous avons presque été forcés de démolir la maison pour le faire entrer. Et je ne puis rien vous dire de plus !

Maurice la considéra avec un égarement sans limites. Il passa une de ses mains sur son front, et puis s’appuya contre le mur, comme un homme qui va s’évanouir. Mais, peu à peu, sa langue se délia, et il se mit à accabler la jeune fille d’un torrent d’injures. Jamais jusqu’alors Maurice lui-même ne se serait supposé capable d’autant de feu, d’autant de verve, ni d’une telle variété de