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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/76

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Pendant que le vieux gentleman attendait le départ du train, il fut témoin d’un incident de peu d’intérêt en soi, mais qui devait avoir une influence décisive sur les destinées ultérieures de la famille Finsbury. Une caisse d’emballage gigantesque fut amenée sur le quai par une douzaine de porteurs, et, à grand-peine, hissée par eux dans le fourgon aux bagages. C’est souvent la tâche consolante de l’historien, de diriger l’attention de ses lecteurs sur les desseins ou (révérence parler) les artifices de la Providence. Dans ce fourgon à bagages du train qui menait Joseph Finsbury de Southampton-Est à Londres, l’œuf de ce roman se trouvait, pour ainsi dire, à l’état incouvé. L’énorme caisse était adressée à un certain William Dent Pitman, « en gare à la station de Waterloo » ; et le colis qui l’avoisinait, dans le fourgon, était un solide baril, de dimensions moyennes, très soigneusement fermé, et portant l’adresse : M. Finsbury, 16, John Street, Bloomsbury. — Port payé.

La juxtaposition de ces deux colis, c’était une traînée de poudre ingénieusement préparée par la Providence : il ne manquait plus qu’une main d’enfant pour y mettre le feu.