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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/61

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mitaines et de flanelle hygiénique, le cœur de Joseph aspirait avidement au risque d’un rhume de cerveau.

Et peut-être M. Chandler fut-il d’abord un peu surpris de trouver, à un endroit aussi solitaire de la grand-route, un gentleman aussi vieux, aussi étrangement vêtu, et qui le priait aussi aimablement de vouloir bien le recueillir sur le siège de sa voiture. Mais le camionneur était, en effet, un brave homme, toujours heureux de rendre service ; de telle sorte qu’il recueillit volontiers l’étranger. Et puis, comme il tenait la discrétion pour la règle essentielle de la politesse, il se défendit de lui faire aucune question. Le silence, d’ailleurs, ne déplaisait pas à M. Chandler ; mais à peine la voiture avait-elle commencé à se remettre en mouvement que le digne camionneur se trouva contraint de subir le choc inattendu d’une conférence.

— Le mélange de caisses et de paquets que contient votre voiture, dit aussitôt l’étranger, ainsi que la vue de la bonne jument flamande qui nous conduit, me font conjecturer que vous occupez l’emploi de camionneur, dans ce grand système de transports publics qui, avec toutes ses lacunes, n’en est pas moins l’orgueil de notre pays !

— Oui, monsieur ! répondit vaguement M. Chandler, qui ne savait pas trop ce qu’il devait répondre.