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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/45

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sons que l’oncle Masterman soit en vie et se porte comme un charme !

— Même en ce cas, répondit Maurice, notre situation n’est point pire qu’avant : en fait, elle est meilleure ! L’oncle Masterman doit nécessairement mourir un jour. Tant que l’oncle Joseph vivait, il devait, lui aussi, finir par mourir un jour : tandis que, maintenant, nous n’avons pas à redouter cette alternative. Il n’y a point de limite à la combinaison que je propose : elle peut se prolonger jusqu’au Jugement Dernier !

— Si du moins je voyais ce qu’elle est, ta combinaison ! soupira Jean. Mais, tu sais, mon pauvre vieux, tu as toujours été un si terrible rêveur !

— Je voudrais bien savoir quand j’ai jamais rêvé ! s’écria Maurice. Je possède la plus belle collection de bagues à cachets qui existe à Londres !

— Oui, mais tu sais, il y a l’affaire des cuirs ! suggéra l’autre. Tu ne peux pas nier que ce soit un bouillon !

Maurice donna, en cette circonstance, une preuve remarquable de son empire sur soi : il laissa passer l’allusion de son frère sans s’offenser, sans même répondre.

— Pour ce qui est de l’affaire qui nous occupe en ce moment, reprit-il, une fois que nous tiendrons l’oncle chez nous, à Bloomsbury, nous