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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/43

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fossé avait huit à neuf pouces de profondeur. Dans ce fossé, le corps fut plongé, tant bien que mal ; le sable fut entassé par-dessus, et puis d’autre sable, qu’on dut prendre ailleurs, non moins péniblement. Hélas ! à l’une des extrémités du lugubre tertre, deux pieds continuaient à se projeter hors du sable, chaussés de voyantes bottines de santé.

Mais tant pis ! Les nerfs des fossoyeurs étaient à bout. Maurice lui-même n’en pouvait plus. Et, pareils à deux loups, les deux frères s’enfuirent au plus profond du fourré voisin.

— Nous avons fait de notre mieux ! dit Maurice.

— Et maintenant, répondit Jean, peut-être auras-tu l’obligeance de me dire ce que tout cela signifie !

— Ma parole, s’écria Maurice, si tu ne le comprends pas de toi-même, je désespère de te le faire comprendre !

— Oh ! j’entends bien que c’est quelque chose qui se rapporte à la tontine ! répliqua Jean. Mais je te dis que c’est pure folie ! La tontine est perdue, voilà tout !

— Je te répète que l’oncle Masterman est mort ! cria Maurice. Je le sais ; il y a en moi une voix qui me le dit !