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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/42

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— Fais ce que je dis ! répliqua Maurice en saisissant le cadavre par les épaules. Veux-tu donc que je l’emporte à moi seul ?

Ils se trouvaient à la lisière du bois ; en dix ou douze pas, ils furent à couvert, et, un peu plus loin, dans une clairière sablonneuse, ils déposèrent leur fardeau ; après quoi, s’étant redressés, ils le considérèrent mélancoliquement.

— Qu’est-ce que tu comptes en faire ? murmura Jean.

— L’enterrer, naturellement ! répondit Maurice.

Il ouvrit son couteau de poche, et commença à creuser le sable.

— Jamais tu n’arriveras à rien avec ton couteau ! objecta son frère.

— Si tu ne veux pas m’aider, toi, misérable couard, hurla Maurice, va-t-en à tous les diables !

— C’est la folie la plus ridicule ! fit Jean ; mais il ne sera pas dit qu’on ait pu m’accuser d’être un couard !

Et il se mit en posture d’aider son frère.

Le sol était sablonneux et léger, mais tout embarrassé de racines des sapins environnants. Les deux jeunes gens s’ensanglantèrent cruellement les mains. Une heure d’un travail héroïque, surtout de la part de Maurice, et à peine si le