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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/38

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nant, Maurice aperçut les restes du train de Bournemouth. Les débris de l’express descendant étaient, en majeure partie, cachés derrière les arbres ; mais, tout juste au tournant, sous des nuages d’une vapeur noire, Maurice vit ce qui restait des deux machines, l’une sur l’autre. Le long de la voie, des gens couraient, çà et là, et criaient en courant ; d’autres gisaient, immobiles, comme des vagabonds endormis.

Brusquement Maurice eut une idée : « Il y a eu un accident ! » songea-t-il, et la conscience de sa perspicacité lui rendit un peu de courage. Presque au même instant, ses yeux tombèrent sur Jean, étendu près de lui, et d’une pâleur effrayante. « Mon pauvre vieux ! mon pauvre copain ! » se dit-il, retrouvant je ne sais où un vieux terme d’école. Après quoi, avec une tendresse enfantine, il prit dans sa main la main de son frère. Et bientôt, au contact de cette main, Jean rouvrit les yeux, se rassit en sursaut, et remua les lèvres, sans parvenir à en faire sortir aucun son. « Bis ! bis ! » proféra-t-il enfin, d’une voix de fantôme.

Le bruit de forge et la fumée persistaient intolérablement. « Fuyons cet enfer ! » s’écria Maurice. Et les deux jeunes gens s’aidèrent l’un l’autre à se remettre sur pied, se secouèrent, et