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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/37

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voix, et se précipita vers la fenêtre. Des femmes hurlaient, des hommes sautaient sur le rebord de la voie ; les employés du train leur criaient de rester assis à leurs places. Et puis le train commença lentement à reculer vers Browndean ; et puis, la minute suivante, tous ces bruits divers se perdirent dans le sifflement apocalyptique et le choc tonnant de l’express qui accourait en sens opposé.

Le bruit final de la collision, Maurice ne l’entendit pas. Peut-être s’était-il évanoui ? Il eut seulement un vague souvenir d’avoir vu, comme dans un rêve, son wagon se renverser et tomber en pièces, comme une tour de cartes. Et le fait est que, lorsqu’il revint à lui, il gisait sur le sol, avec un vilain ciel gris au-dessus de sa tête, qui lui faisait affreusement mal. Il porta la main à son front, et ne fut pas surpris de constater qu’elle était rouge de sang. L’air était rempli d’un bourdonnement intolérable, dont Maurice pensa qu’il cesserait de l’entendre quand la conscience aurait achevé de lui revenir. C’était comme le bruit d’une forge en travail.

Et bientôt, sous l’aiguillon instinctif de la curiosité, il se redressa, s’assit et regarda autour de lui. La voie, en cet endroit, montait avec un brusque détour. Et, de toutes parts, l’environ-