Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/33

Cette page a été validée par deux contributeurs.



— Il est à mon nom ! répliqua le vieillard avec une obstination mêlée d’amertume. J’ai le droit de faire ce qui me plaît avec mon argent !

Le « billet » était un chèque de huit cents livres sterling, que Maurice, pendant le déjeuner, avait remis à son oncle pour qu’il le signât, et que le vieillard avait, simplement, empoché.

— Tu l’entends, Jean ! fit Maurice. Son argent ! Mais il n’y a pas jusqu’aux vêtements qu’il a sur le dos qui ne m’appartiennent !

— Laisse-le tranquille ! grommela Jean. Vous commencez à m’exaspérer, tous les deux !

— Ce n’est point là une manière convenable de parler à votre oncle, Monsieur ! cria Joseph. Je suis résolu à ne plus tolérer ce manque d’égards ! Vous êtes une paire de jeunes drôles extrêmement grossiers, impudents, et ignorants ; et j’ai décidé de mettre un terme à cet état de choses !

— Peste ! fit l’aimable Jean.

Mais Maurice ne prit pas l’affaire avec autant de philosophie. L’acte imprévu d’insubordination de son oncle l’avait tout bouleversé ; et les dernières paroles du vieillard ne lui annonçaient rien de bon. Il lançait à l’oncle Joseph des coups d’œil inquiets.

— Bon ! bon ! finit-il par dire. Nous verrons à