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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/313

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— Rien ? Qu’entends-tu par là ? demanda le Grand Vance. N’essaie pas de me monter le coup, hein !

— Je veux dire qu’il n’y a rien ! répondit simplement son frère. Je n’ai rien à manger, ni rien pour acheter de quoi manger ! Moi-même, aujourd’hui, je n’ai pu prendre qu’un sandwich et une tasse de thé.

— Rien qu’une sandwich ? ricana Vance. Et je suppose que tu as le cynisme de t’en plaindre, encore ? Mais, tu sais, mon petit, fais attention à toi ! J’ai supporté maintenant tout ce que je pouvais supporter. C’est fini ! Et je vais te dire ce qui en est ! Eh bien ! j’ai l’intention de dîner, et tout de suite, et de bien dîner ! Prends ta collection de bagues à cachets, et va la vendre !

— Impossible aujourd’hui ! répondit Maurice. C’est dimanche !

— Je te dis que je veux avoir à dîner, entends-tu ? hurla le frère cadet.

— Mais pourtant, Jeannot, si ce n’est pas possible ! plaida l’aîné.

— Satané idiot ! cria Vance. Ne sommes-nous pas les maîtres de la maison ? Ne nous connaît-on pas, à l’hôtel où le cousin Parker nous invitait à dîner quand il venait à Londres ? Allons, détale au galop ! Et si tu n’es pas rentré dans une demi--