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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/301

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du doigt son cousin, comme si celui-ci avait été un spectre. Est-ce mon cerveau qui déménage ? Pourquoi des favoris et une moustache ?

— Oh ! cela n’est qu’un détail sans importance ! se hâta d’affirmer Michel.

Il y eut de nouveau un silence, pendant lequel Maurice fut dans une disposition d’esprit pareille à celle où il se serait trouvé si on l’avait lancé en l’air, sur un trapèze, du sommet de la cathédrale de Saint-Paul.

— Récapitulons un peu ! dit enfin Michel. À moins que tout ceci ne soit vraiment qu’un rêve, auquel cas je voudrais bien que Catherine se hâtât de m’apporter mon café au lait ! Donc, mon ami Pitman, ici présent, a reçu un baril, qui, à ce que nous voyons maintenant, vous était destiné ! Le baril contenait le cadavre d’un homme. Comment ou pourquoi vous l’avez tué…

— Jamais je n’ai porté la main sur lui ! protesta Maurice. Oui, voilà ce dont j’ai toujours craint qu’on me soupçonnât ! Mais pensez-y un peu, Michel. Vous savez que je ne suis pas de cette espèce-là ! Avec tous mes défauts, vous savez que je ne voudrais pas toucher à un cheveu de la tête d’autrui ! Et, d’ailleurs, vous savez que sa mort signifiait ma ruine. C’est à Browndean qu’il a été tué, dans ce maudit accident !