Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/292

Cette page a été validée par deux contributeurs.


ami, vous comprendrez mes sentiments de père quand je vous aurai dit que cette pauvre enfant, faute de leçons, ne sait pas encore danser ! Les deux garçons vont à l’école du quartier : ce qui, en somme, n’est point un mal. Loin de moi l’idée de déprécier les institutions de mon pays ! Mais j’avais secrètement nourri l’espoir que l’aîné, Harold, pourrait un jour devenir professeur de musique, — qui sait, virtuose peut-être ? Et le petit Othon témoigne d’une vocation très prononcée pour l’état religieux. Je ne suis pas, à proprement parler, un homme d’ambition…

— Allons ! allons ! fit Michel. Avouez-le ! vous croyez toujours encore que c’est le beau-frère Tim !

— Je ne le crois pas, répondit Pitman : mais je me dis que cela peut être lui. Et si, par ma négligence, je perdais cette occasion de fortune, comment oserais-je regarder en face mes pauvres enfants ?

— Et ainsi, reprit l’avoué, vous avez l’intention de…

— De me rendre à la Gare de Waterloo, tout à l’heure ! dit Pitman, sous un déguisement !

— De vous y rendre tout seul ? demanda Michel. Et vous ne craignez pas les dangers de l’aventure ? En tout cas, ne manquez pas de m’envoyer un mot, ce soir, de la prison !