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méfiance. « Ayez soin d’éviter toute familiarité avec lui ! avait-il dit ; je connais peu d’hommes dont le commerce soit plus dangereux ! » De telle sorte que Pitman, d’abord, n’avait abordé son pensionnaire que très timidement : et grande avait été sa surprise à découvrir que ce vieillard, qu’on lui avait dit terrible, était en réalité un excellent homme.

Au dîner, le pensionnaire avait poussé la complaisance jusqu’à s’occuper des trois enfants de Pitman, à qui il avait appris une foule de menus détails curieux sur divers sujets ; et jusqu’à une heure du matin, ensuite, il s’était entretenu avec l’artiste, dans l’atelier de celui-ci, l’éblouissant par la variété et la sûreté de ses connaissances. En un mot, le bon Pitman avait été ravi, et, maintenant encore, lorsqu’il se rappelait l’excellente soirée de la veille, un sourire, depuis longtemps envolé, reparaissait dans ses yeux, « Ce vieux M. Finsbury est pour nous une acquisition des plus précieuses ! » songeait-il en se rasant devant la fenêtre. Et quand, sa toilette achevée, il entra dans la petite salle à manger, où le couvert se trouvait déjà mis pour le déjeuner, c’est presque avec une cordialité de vieil ami qu’il serra la main de son pensionnaire.

— Je suis enchanté de vous voir, mon cher