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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/268

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Maurice était en train de se raser lorsque cette éventualité s’offrit à sa pensée : il se hâta de déposer son rasoir. Voici, d’une part, suivant l’expression de Maurice, « la disparition totale d’un oncle de prix » ; d’autre part, voici toute une série d’actes étranges et inexplicables, accomplis par un neveu de cet oncle, et un neveu dont on sait qu’il avait, à l’endroit du disparu, une haine sans pitié : quel admirable concours de chances pour une erreur judiciaire ! « Non, se dit Maurice, ils n’oseront tout de même pas aller jusqu’à me considérer comme un assassin ! Mais, franchement, il n’y a pas dans le code un seul crime (excepté peut-être celui d’incendie) que, aux yeux de la loi, je n’aie l’apparence d’avoir commis ! Et pourtant je suis un parfait honnête homme, qui n’a jamais désiré que de rentrer dans son dû ! Ah ! la loi, en vérité, c’est du propre ! »

C’est avec cette conclusion bien assise dans son esprit que Maurice descendit l’escalier de sa maison de John Street ; il n’était toujours encore qu’à moitié rasé. Dans la boîte, une lettre. Il reconnut l’écriture : c’était Jean qui s’impatientait ! « Vraiment, la destinée aurait pu m’épargner au moins cela ! » se dit-il amèrement, et il déchira l’enveloppe.

« Cher Maurice, lut-il, je commence à croire