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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/265

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l’oncle Masterman est-il mort ? Inquiétant problème, et dont dépendaient pourtant tous les espoirs de Maurice ! Il avait essayé d’intimider Catherine, il avait essayé de la corrompre : et ses tentatives n’avaient rien donné. Il gardait toujours la conviction « morale » que son oncle Masterman était mort ; mais ce n’est point chose facile de faire chanter un subtil homme de loi en s’appuyant seulement sur une conviction morale. Sans compter que, depuis la visite de Michel, ce projet de chantage souriait moins encore qu’auparavant à l’imagination de Maurice. « Michel est-il bien un homme qu’on puisse faire chanter ? se demandait-il. Et suis-je bien l’homme qu’il faut pour faire chanter Michel ? » Graves, solennelles, terribles questions. « Ce n’est pas que j’aie peur de lui, — ajoutait Maurice, pour se rassurer ; — mais j’aime à être sûr de mon terrain, et le malheur est que je ne vois guère la manière d’arriver à cela ! Tout de même, comme la vie réelle est différente des romans ! Dans un roman, j’aurais à peine entrepris toute cette affaire que j’aurais rencontré, sur mon chemin, un sombre et mystérieux gaillard qui serait devenu mon complice, et qui aurait vu tout de suite ce qu’il y avait à faire, et qui, probablement, se serait introduit dans la maison de Michel, où il n’aurait trouvé qu’une statue de cire ;