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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/264

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pour Maurice, que Bent Pitman appartenait à l’espèce la plus ténébreuse des professionnels du crime. Un homme tant soit peu honnête n’aurait pas touché le chèque ; un homme doué de la moindre dose d’humanité n’aurait pas accepté en silence le tragique contenu du baril ; et seul un assassin éprouvé avait pu trouver les moyens de faire disparaître le cadavre sans qu’on en sût rien. Cette série de déductions eut pour effet de fournir à Maurice la plus sinistre image d’un monstre, Bent Pitman. Évidemment cet être infernal n’avait eu, pour se débarrasser du cadavre, qu’à le précipiter dans une trappe de son arrière-cuisine (Maurice avait lu quelque chose de semblable dans un roman par livraisons) : et maintenant cet homme vivait dans une orgie de luxe, sur le montant du chèque. Jusque-là, c’était d’ailleurs ce que Maurice pouvait souhaiter de mieux. Oui, mais avec les habitudes de folle prodigalité d’un homme tel que Bent Pitman, huit cents livres pouvaient fort bien ne pas même durer une semaine. Et quand cette somme aurait fondu, que ferait ensuite l’effrayant personnage ? Et une voix diabolique, du fond de la poitrine de Maurice, lui répondait : « Ce qu’il fera ensuite ? Il te fera chanter ! »

Anxiété n° 2 : La fraude de la tontine, ou