Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/259

Cette page a été validée par deux contributeurs.



Gédéon frotta une allumette, et, à sa lueur, il reconnut la tête rousse du charretier qui s’était engagé à lui amener le piano.

— Voici mon homme, dit-il, et ivre comme un porc ! Je commence à entrevoir ce qui se sera passé !

Et il exposa à ses deux compagnons, qui maintenant s’étaient enhardis à le rejoindre, son hypothèse sur la façon dont le charretier avait été conduit à se séparer de sa carriole.

— L’abominable brute ! dit l’oncle Edouard. Secouons-le, et administrons-lui la correction qu’il mérite !

— Gardez-vous-en, pour l’amour du ciel ! dit Gédéon. Nous n’avons pas à désirer qu’il nous voie ensemble ! Et puis, vraiment, mon oncle, je dois à ce brave homme la plus vive reconnaissance : car ceci est la chose la plus heureuse de tout ce qui pouvait m’arriver. Il me semble, mon cher oncle Edouard, il me semble, en vérité, que me voici délivré !

— Délivré de quoi ? demanda le radical.

— Mais de toute l’affaire ! s’écria Gédéon. Cet homme a été assez fou pour voler la carriole, avec le piano et ce qu’il contenait ; ce qu’il espère en faire, je ne le sais, ni ne me soucie de le savoir. Mes mains sont libres ! Jimson cesse d’exister ;