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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/243

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le piano a été ouvert et on a trouvé le corps !

— Il faut que vous fuyiez tout de suite ! déclara M. Bloomfield. C’est, dans l’espèce, la seule conduite digne d’un homme !

— Mais supposons que je me trompe ! gémit Gédéon. Supposons que le piano arrive, et que je ne sois pas là pour le recevoir ! Je serai la première victime de ma lâcheté ! Non, mon oncle : il faut aller nous renseigner à Padwick ! Moi, naturellement, je ne puis pas m’en charger : mais vous, rien ne vous en empêche. Rien ne vous empêche d’aller un peu tourner autour du bureau de police, comprenez-vous ?

— Non, Gédéon, non, mon cher neveu ! — dit M. Bloomfield, de la voix d’un homme fort embarrassé. — Vous savez que j’éprouve pour vous l’affection la plus sincère. Et je sais, de mon côté, que j’ai le bonheur d’être un Anglais, et tous les devoirs que m’impose ce titre. Mais non, pas la police, Gédéon !

— Ainsi, vous me lâchez ? demanda Gédéon. Dites-le franchement !

— Loin de là, mon enfant ! Bien loin de là ! protesta le malheureux oncle. Je me borne à proposer de la prudence. Le bon sens, mon cher Gédéon, doit toujours rester le guide d’un véritable Anglais !