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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/238

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très longtemps que nous nous sommes rencontrés à Bournemouth ! Jamais, depuis lors, je ne vous ai oubliée ! Dites-moi que vous ne m’avez jamais oublié non plus ! Dites-moi que vous ne m’avez jamais oublié, et appelez-moi Gédéon !

Et comme la jeune fille ne répondait rien :

— Oui, ma Julia, reprit-il, je sais que je ne suis qu’un âne, mais j’entends vous conquérir ! J’ai une affaire infernale sur les bras, je n’ai pas un sou à moi, et je me suis montré à vous tout à l’heure sous l’aspect le plus ridicule : et cependant, Julia, je suis résolu à vous conquérir ! Regardez-moi bien en face, et dites-moi que vous me le défendez, si vous l’osez !

Elle le regarda : et, quoi que ses yeux lui eussent dit, certainement leur message ne lui fut pas désagréable, car il resta longtemps tout occupé à le lire.

— Et puis, dit-il enfin, en attendant que je sois parvenu à faire fortune, l’oncle Edouard nous donnera de l’argent pour notre ménage !

— Ah ! bien, par exemple, celle-là est raide ! dit une grosse voix derrière son épaule.

Gédéon et Julia se séparèrent l’un de l’autre plus rapidement que si un ressort électrique les avait désunis ; mais tous deux présentèrent des visages singulièrement colorés aux yeux de M. Edouard Hugues Bloomfield.