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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/230

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petit tangage. Puis le paquebot passa, les vagues s’aplanirent, et Gédéon, tout à coup, entendit un cri poussé par Julia. Regardant par la fenêtre, il vit la jeune fille debout sur le balcon, occupée à suivre des yeux son canot, qui, entraîné par le courant, s’en retournait vers le yacht. Et je dois dire que l’avocat, en cette occasion, déploya une promptitude d’esprit digne de son héros, Robert Skill. D’un seul effort de sa pensée, il prévit ce qui allait suivre ; d’un seul mouvement de son corps, il se jeta à terre, et se cacha sous la table.

Julia, de son côté, ne se rendait pas entièrement compte de la gravité de sa situation. Elle voyait bien qu’elle avait perdu le canot, et elle n’était pas sans inquiétude au sujet de sa prochaine entrevue avec M. Bloomfield ; mais elle ne doutait pas de pouvoir sortir du pavillon, car elle connaissait l’existence de la planche pont-levis, donnant sur la berge.

Elle fit le tour du balcon, mais pour trouver la porte du pavillon ouverte, et la planche ôtée. D’où elle conclut avec certitude que Jimson devait être arrivé, et, par conséquent, se trouvait dans le pavillon. Ce Jimson devait être un homme bien timide, pour avoir souffert une telle invasion de sa résidence sans faire aucun signe : et cette pensée releva le courage de Julia, car, à présent, la